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BeCompta.be > Actualité > Compta générale : Une ineptie dans l'enseignement de la comptabilité par Jean-Marie BRUNEEL

Compta générale : Une ineptie dans l'enseignement de la comptabilité par Jean-Marie BRUNEEL

le 26/2/2010 14:40:00 (2985 lectures)

Jean-Marie Bruneel, auteur du livre sur les principes de la comptabilité, soulève une confusion d'un point de vue comptable. Est-ce que les ressources de l'entreprise doivent être prises en compte à l'actif ou au passif ?



Auteur d'ouvrages traitant des sciences économiques j'ai suivi pendant plusieurs années la théorie des emplois - ressources pour la présentation du bilan. C'est toutefois avec beaucoup de circonspection que j'adoptais cette présentation du bilan et mes discussions sur le sujet avec Monsieur Vincent, auteur d' ouvrages de comptabilité, étaient très critiques sur cette voie suivie par la communauté scientifique. C'est ce dernier qui m'apprit que cette théorie, inexistante au moment de mes études, avait été introduite dans notre pays par des auteurs français.

C'est tout à fait par hasard que je découvris lors d'une de mes visites à la bibliothèque de l'Ordre des experts comptables un ouvrage des années 50 présentant les ressources à l'actif. Je fus toutefois totalement conforté dans ma critique par la lecture de l'ouvrage de Messieurs Stolowy, Lebas et Langlois Comptabilité et analyse financière paru aux éditions De Boeck et qui présente les ressources à l'actif.

Ainsi, les candidats à l'étude de la comptabilité se trouvent face à certains auteurs qui présentent les ressources à l'actif et d'autres qui les mettent au passif. Quelle aberration et quelle difficulté pour les apprenants désireux d' étudier la science comptable .

Lors d'un de mes cours de comptabilité à l'Institut Cooremans une étudiante particulièrement perspicace suggéra de les indiquer au milieu et c'est cette voie que nous avons également suivie dans la dernière édition de notre ouvrage Principes de comptabilité paru aux éditions D2H. Nous reproduisons ici un extrait de notre ouvrage Principes de comptabilité traitant de la présentation du bilan.

Chez les théoriciens et dans la pratique, on rencontre une très grande confusion de vocabulaire nuisible à la compréhension de la comptabilité.

Ainsi, les éléments du bilan sont décrits de la manière suivante:

  • certains auteurs présentent l'actif comme les ressources; d'autres, plus confus encore, décrivent le passif comme les ressources ou l'origine des ressources;
  • l'actif est parfois décrit comme les moyens d'action de l'entreprise tandis que la législation belge parle de moyens propres pour désigner le passif non exigible;
  • les capitaux permanents représentent le passif à long terme alors que la notion économique de capital fixe et circulant ainsi que les capitaux monétaires sont de l'actif;
  • les fonds placés en banque sont de l'actif tandis que les fonds propres sont inscrits au passif;
  • les avoirs sont inscrits à l'actif tandis que l'avoir social et l'actif net font partie du passif.
  • Face à cette anarchie nous devons clarifier la situation.

La meilleure définition du bilan est la définition légale en regard du droit de propriété: le bilan présente le patrimoine avec, à l'actif, les avoirs et les droits et, au passif, les dettes.

La définition économique en regard de la production et de la consommation présente le patrimoine sous deux aspects: à l'actif, l'utilisation ou l'emploi du patrimoine, au passif, son origine.

Le bilan est un Janus au double regard; cela explique les confusions.

Ainsi, le bilan présente à l'actif l'emploi ( la consommation) et au passif l'origine ( la production) du patrimoine, des ressources, des moyens, des capitaux ou des fonds de l'entreprise.

Nous verrons plus loin qu'il en est de même pour le décompte de résultats.

L'explication économique consommation/emploi et production/origine est extrêmement intéressante pour comprendre la comptabilité, spécialement le décompte de résultats, et pour entreprendre une réflexion vers l'économie politique et principalement la comptabilité nationale.

Elle permet également d'universaliser les sciences économiques.

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Auteur Conversation
Anonymes
Posté le: 26/2/2010 15:51  
 Ressources emplois
Beau débat en effet.
Mais le capital n'est en aucun cas une dette, tout comme d'ailleurs les amortissements (actif négatif).

Personnellement j'arrive beaucoup mieux à faire comprendre les différences A/P à mes élèves en utilisant la terminologie ressources emplois. Avec l'avantage supplémentaire que l'égalité va alors de soi, tandis que je ne vois pas pourquoi les dettes devraient être égales aux avoirs
Xavier
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Jojo
Posté le: 26/2/2010 18:26  
Superviseur immédiat
 Aucun titre
Le dérapage est, à mon estime, un problème né dans les années '50 de la mode des comptabilités "anglo-saxonnes" et de la perte de connaissance des langues nationales autres que l'anglo-américain sur lequel il y aurait aussi beaucoup à dire. "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" déclarait Nicolas Boileau-Despréaux dès 1674 ! En outre, le système informatique "traduit" les informations au lieu de les positionner visuellement dans leur situation naturelle. Il est évident que tout cela mériterait un cénacle ...
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Anonymes
Posté le: 1/3/2010 15:27  
 Présentation du bilan
Réponse à Jojo. Prêt à rejoindre votre cénacle
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Anonymes
Posté le: 1/3/2010 17:47  
 Re: Présentation du bilan
De la part de M BRUNEEL

D'accord pour le cénacle
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Mikelino
Posté le: 17/3/2010 15:00  
Régulier
 Aucun titre
Personnellement, je considère le capital comme une dette envers les actionnaires. Je m'appuie en expliquant qu'une entreprise est une personne morale qui existe juridiquement à qui il faut prêter des fonds pour qu'elle puisse réaliser son objet social: "la raison pour laquelle elle existe". Donc, selon moi, le capital a tout a fait sa place au passif du bilan.
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Anonymes
Posté le: 23/3/2010 11:14  
 Oui, le capital est clairement une dette.
Tout à fait d'accord avec Mikelino. Dans une société il est assez facile de voir que le capital est la dette que la société a vis à vis de ses actionnaires du fait de leur apport. Il suffit pour le voir de faire le petit exercice consistant à examiner ce qui arrive dans la comptabilité d'une société qui serait créée le matin avec apport en numéraire et liquidée l'après-midi.
Dans la comptabilité d'une personne physique,le concept est un peu plus abstrait: le capital est la dette que l'entrepreneur a envers envers lui-même du fait de son apport. Pour éclairer la chose, il suffit d'assimiler l'entreprise personnelle à une société unipersonnelle et le capital devient la dette de l'entreprise envers son unique apporteur: l'entrepreneur.
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Anonymes
Posté le: 23/3/2010 11:28  
 Re: Oui, le capital est une dette
Tout à fait d'accord avec Mikelino.
Dans une société, il est facile de constater que le capital est la dette que la société a envers ses actionnaires du fait de leur apport. Il suffit pour cela de faire le petit exercice de comptabiliser la création d'une société avec apport de numéraire et la liquidation de la même société l'après-midi!
Pour une entreprise individuelle, il suffit de faire l'analogie avec une société unipersonnelle.
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arcadus
Posté le: 23/3/2010 13:03  
Semi pro
 Aucun titre
Tout à fait d'accord avec M.Bruneel pour dire que certains s'amusent à compliquer à loisir ce qui finalement est simple. Pour une approche juridique,on peut dire que dans un bilan (tableau équilibré à deux colonnes), on inscrit à gauche les avoirs (droit de propriété) et à droite les dettes (obligations). Cà a toujours été à mon sens la présentation des choses la plus simple à faire comprendre, surtout quand on en revient aux principes énoncés par Pacioli dans son traité. Les économistes ont voulu faire valoir leur point de vue en disant: à gauche, on inscrit l'emploi que l'entreprise fait des fonds qu'elle a levé auprès de ses prêteurs (actionnaires et créanciers) et à droite, l'origine de ces fonds (ressources). C'est dire la même chose mais d'un autre point de vue. J'ai en tout cas toujours constaté que cette vision des choses était moins facilement comprise par les étudiants que la première.
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Anonymes
Posté le: 24/3/2010 19:47  
 Aucun titre
Partant aussi pour un cénacle.
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Anonymes
Posté le: 28/3/2010 19:48  
 Re: Ressources emplois
Le capital est bien une dette de l'entreprise vis-à-vis de ses propriétaire mais qui n'échoit qu'à la fermeture de l'entreprise.
Laurence.
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Anonymes
Posté le: 28/3/2010 22:10  
 Ce débat n'a pas de raison d'être
Le bilan est substantiellement un "compte". Il obéit donc à la loi comptable fondamentale "Débit = crédit" (====> Actif = Passif + Résultat). C'est cela qui justifie l'inscription du capital au Passif.

Par ailleurs, les termes "emplois/ressources" et assimilés ne sont pas appropriés pour le bilan. Ils doivent être réservés, en leur qualité essentiele, de flux monétaires (ou de trésorerie) aux tableaux de financement (ou de trésorerie), qui sont des tableaux de variation desdits emplois /ressources (ou mouvements de trésorerie).

Or le bilan n'est pas un tableau de (variation de) ressources/emplois, mais un tableau de soldes comptables, constitué de soldes de flux et de non flux (amortissements, provisions, dépréciations, estimations, etc.

Enfin, il y a lieu de noter, que le bilan étant un "compte" et dérivant d'une "balance" de soldes, le capital C(par extension les capitaux propres une fois libéré et utilisé n'est plus ni un passif (une dette), ni une ressource, mais le montant comptable nécessaire pour équilibrer le bilan (tel qu'il résulte de l'application du principe du coût historique) C = Actif - Passif (dû aux tiers).

C (capitaux propres = capital + résultats non distribués) n'a de valeur réelle qu'à la fin de l'entreprise, une fois que les actifs auront été réalisés et le passif éteint. Alors si C positif, on parlera de d'avoir résiduel revenant aux proriétaires (actionnaires), et si C négatif, il s'agira alors de la dette de ces derniers vis-à-vis des tiers.

PK
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Anonymes
Posté le: 8/4/2010 22:28  
 Aucun titre
Le capital est une dette de l'entreprise envers les actionnaires."apport des associés en numéraires"
c'est une somme d'argent mis a la disposition de l'entreprise par les actionnaires.
c'est pour cette raison que le capital est comptabiliser au passif du bilan au même titre que les dettes.
nous pouvons distinguer cette situation lors de la liquidation d'une société par action EURL/SARL
Sliman
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