Communauté
Partenaire

Qui est en ligne
116 utilisateur(s) en ligne
BeCompta.be > Actualité > Compta générale : Darwin chez les comptables : La comptabilité en partie double se transforme en comptabilité complète

Compta générale : Darwin chez les comptables : La comptabilité en partie double se transforme en comptabilité complète

le 15/6/2010 18:03:00 (2538 lectures)

La science comptable n'échappe pas à la loi universelle de l'évolution et le concept fondamental de comptabilité en partie double a évolué, essentiellement depuis la loi du 17 juillet 1975, vers celui de comptabilité complète. Quant à la comptabilité en partie simple elle se transforme en comptabilité simplifiée



Par M. Bruneel

Ces évolutions sont de bon aloi et la nouvelle terminologie est beaucoup plus évidente que l'ancienne. L'explication de l'expression « en partie double » demeure toutefois extrêmement importante et cela d'autant plus que l'alinéa premier de l'article 4 de la loi du 17 juillet 1975 sur la comptabilité et les comptes annuels des entreprises prévoit que : « toute comptabilité est tenue selon un système de livres et de comptes et conformément aux règles usuelles de la comptabilité en partie double »

Il nous paraît essentiel de tenter une explication logique de cette expression « en partie double » si étrange pour le candidat à l'étude de la comptabilité.

Dans son « Histoire de la comptabilité » paru aux éditions Que sais-je ? des presses universitaires de France Jean-Guy Degos nous propose les explications suivantes :

« Les purs historiens n'ont pas toujours une vue précise de la différence entre la comptabilité en partie simple et la comptabilité en partie double. Les Babyloniens, les Grecs, les Romains, les Templiers tenaient des comptabilités en partie simple. La notion de partie double ne signifie pas qu'il y a dualité de classement ou dualité de colonnes. Au fil des siècles on a pu dire que la comptabilité en partie double c'était :

  • la division des comptes en deux parties, le débit à gauche et le crédit à droite ;
  • la passation des opérations en deux parties, un débit et un crédit ;
  • l'existence de deux registres, un mémorial pour les enregistrements chronologiques et un grand-livre pour les récapitulations analytiques ;
  • l'existence de comptes de tiers ( clients et fournisseurs) représentant des personnes et l'existence de comptes de valeurs (caisse, immobilisations) représentant des biens ;
  • l'opposition entre les comptes de bilan permettant de décrire la formation du patrimoine et les comptes de résultat permettant de décrire la formation du revenu.

Si tous ces éléments concourent dans une certaine mesure à la comptabilité en partie double, l'existence d'un seul n'est pas suffisante. Pour qu'une comptabilité soit « en partie double » chaque enregistrement chronologique doit d'abord être enregistré en débit et en crédit dans deux comptes différents. Le montant du compte débité doit être égal au montant du compte crédité....»


Dans notre « Principes de comptabilité » paru aux éditions D2H nous écrivons :

« A travers les âges, la quintessence de la comptabilité nous vient de Rome et d'Italie.

A une certaine époque du Moyen Age, les commerçants ont présenté leur situation vis-vis de leur clients et fournisseurs dans des comptes comportant deux parties.

Ainsi, lorsqu'une entreprise vendait à son client X, elle notait ses créances dans un compte individuel.

Quand l'entreprise achetait à crédit chez son fournisseur Y, elle inscrivait :

L'entreprise indiquait dans la colonne opposée les paiements des clients et aux fournisseurs. Ainsi, lorsque le client X payait 150 à l'entreprise, on notait :

Quand l'entreprise payait 100 à son fournisseur Y, on notait :

En tenant parallèlement la situation de la caisse, on avait :

On reprit les termes « débit » et « crédit » qui perdirent leur signification originelle et les principes de la comptabilité en partie double étaient posés :

  • l'utilisation de comptes en deux parties ;
  • chaque opération est enregistrée au débit et au crédit de minimum deux comptes »


La genèse de la comptabilité en partie double provient ainsi du fait qu'à une certaine époque les comptables ont choisi de présenter leurs comptes dans des tableaux à deux colonnes au lieu d'une présentation superposée telle que celle adoptée encore actuellement pour la présentation des extraits de compte bancaire. L'évolution de la comptabilité a abouti à la présentation du bilan et du (dé)compte de résultats.

En conclusion, dans une approche pédagogique simplifiée, on peut raisonnablement affirmer que la comptabilité en partie double présente les états de synthèse dans des tableaux comportant deux parties. La partie de gauche enregistre l'emploi ou la consommation des ressources ( du patrimoine) tandis que la partie de droite présente l'origine ou la production des ressources ( du patrimoine)

On peut également préciser que la comptabilité complète enregistre les opérations dans des journaux et dans des comptes afin d'établir le bilan et le (dé)compte de résultats tandis que la comptabilité simplifiée ne prévoit que l 'enregistrement des opérations dans des journaux pour permettre de déterminer le bénéfice net.

Autres articles de M. Bruneel

 
Format imprimable Envoyer cet article à un(e) ami(e)
 
Auteur Conversation
account
Posté le: 16/6/2010 21:39  
Modérateur
 Aucun titre
Effectivement, D'autant plus complète qu'elle - INTEGRE des notions de toutes sortes de Droits, et des applications dites "de société", "industrielle", "analytique (d'exploitation)", "financière", "commerciale", "particulière (au secteur d'activité)". - GLOBALISE les multiples actes juridiques, économiques, sociaux, financiers et de toutes les notions mises en oeuvre pour l'atteinte du but de rendu fixé, des consolidations et analyses.
Répondre
arcadus
Posté le: 2/10/2010 15:08  
Semi pro
 Aucun titre
Il me semble qu'on oublie toujours le côté éminemment pratique de la comptabilité à partie double: la possibilité de vérification des additions. En présentant des tableaux à deux colonnes dont les totaux devaient toujours être égaux, ces gens qui ne disposaient ni de calculatrices, ni d'ordinateurs pouvaient contrôler en un clin d'oeil l'exactitude de leurs additions. Egalité actif-passif, invention des balances sont des outils indispensables au contrôle d'exactitude des reports.Toute personne qui a tenu une comptabilité manuelle dans les livres s'en souvient. La forme de la comptabilité a pendant des siècles tenu compte de ce côté pratique des choses que les ordinateurs nous ont fait perdre.
Répondre